VIOLENCE : Nettoyer au karcher la racaille d’en-haut ! Christian DELARUE

lundi 30 juillet 2018
par  Amitié entre les peuples
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VIOLENCE : Nettoyer au karcher la racaille d’en-haut !

Dire « nettoyer au karcher la racaille d’en-haut » en « allant chercher Macron » (comme ce dernier le demande après l’affaire Benalla) pour le destituer c’est reproduire le langage problématique qu’un Sarkozy Président de la République tenait jadis contre ceux d’en-bas mais cette fois-ci en la dirigeant vers ceux d’en-haut .

- Etude - contextuelle - sur le « cercle de la violence ».

« Nettoyer au karcher la racaille d’en-haut ! » C’est, au temps de l’affaire Benalla-Macron un renversement certes justifié de la violence mais c’est toujours de la violence verbale. Il faut sortir de la « cour de récréation » dit Onfray . Il faut « couper le cercle de la violence » dit Onfray (dont je ne partage pas nécessairement tout le propos).

Alors on peut dire que toute société est faite de ces violences . Faudrait-il alors nécessairement s’en accommoder par réalisme politique ou par cynisme ? C’est ce que font les dominants de tout type ! Le cynisme en plus bien souvent ! Ce réalisme justifie le maintien de la « barbarie » contre l’avancée de la civilisation, de la paix . En ce sens elle est et restera contestable, inacceptable .

Ici cette violence verbale légère ne casse pas des vitrines comme celle des Black-Blocks ou, pire encore qu’eux, ne s’attaque pas violemment gratuitement à une ou des personnes déjà appréhendées (Benalla et certains policiers).

Ici cette violence verbale est reliée à un conflit en formation. C’est important de le souligner au plan analytique mais elle reste néanmoins une contre-violence. On se fait simplement plaisir sur les réseaux sociaux (cour de récréation et exutoire social) sans aucune sortie de la violence si on en reste là .

Ce qui importe pour passer à la civilisation c’est de sortir de la violence en passant au conflit en engageant donc soit une délégitimation par un discours soit plus communément et plus efficacement un rapport de force collectif. L’un et l’autre sont reliés.

- La violence systémique et sa production et reproduction

La violence systémique - celle du capitalisme ou celle du patriarcat - n’est pas la violence individuelle ni le conflit . La violence systémique est d’ordre économique et sociale et les violences policières y participent . La violence systémique a un visage car elle vient d’en-haut et elle se diffuse par tous ceux et celles qui restent passifs face à elle. Dire que la violence systémique a un visage c’est pointer les grands acteurs de la production d’en-haut mais aussi aux échelons intermédiaires les acteurs de la reproduction de toute la violence du système économique et social

La reproduction de la violence est active ou passive . Celle active vient de ceux et celles qui en sont fonctionnellement chargés soit la chaîne des cadres jusqu’au petits contre-maîtres zélés qui parfois va plus loin que ce que lui demande le maître. La reproduction active vient aussi de ceux et celles nommés les « fayots » qui se mettent du coté des dominants alors que ce n’est pas leur fonction. Ils agissent ainsi dans un cadre concurrentiel et méritocratique pour prendre la place au-dessus. La reproduction peut être passive tout simplement en se taisant - ce qui arrive fatalement à énormément de monde - et étant complice de la domination de classe (du classisme) et des autres oppressions (racisme, sexisme).

Michel Onfray décrit ainsi ce processus de production-reproduction :« On aurait tort de braquer le projecteur sur les seules violences individuelles alors que tous les jours la violence des acteurs du système libéral fabrique les situations délétères dans lesquelles s’engouffrent ceux qui, perdus, sacrifiés, sans foi ni loi, sans éthique, sans valeurs, exposés aux rudesses d’une machine sociale qui les broie, se contentent de reproduire à leur degré, dans leur monde, les exactions de ceux qui (les) gouvernent et demeurent dans l’impunité. Si les violences dites légitimes cessaient, on pourrait enfin envisager la réduction des violences dites illégitimes. »

- Sortir de la violence systémique par le conflit collectif

M Onfray précise aussi : « Avant les élections, on peut mettre la France en grève générale. Après la grève générale, on parle, c’est une manifestation de force. La force est une violence qui sait où elle va, la violence est une force qui ne sait pas où elle va ».

Pour sortir de la violence systémique il y a besoin de rapport de force explicite , de conflits sociaux - dont la manifestation est le modèle-type - pour résister d’abord puis pour créer autre chose ensuite. Il importe de bien comprendre que la manifestation collective reste le moyen le plus certain de passer de la violence au conflit . Ensuite, toute manifestation ne va pas pour autant dans le bon sens mais c’est autre chose.

Christian DELARUE

https://www.franceculture.fr/emissions/le-monde-selon-michel-onfray/michel-onfray-la-violence-est-une-force-qui-ne-sait-pas-ou


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