Racisme et ventre des femmes – Natacha GUAY

mardi 30 octobre 2018
par  Amitié entre les peuples
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Racisme et ventre des femmes – Mondes Sociaux

par Natacha GUAY · PUBLIÉ 2018

Juin 1970 : un scandale éclate à l’Île de la Réunion. Des milliers d’avortements et de stérilisations forcées sont pratiqués par des médecins blancs sur des femmes réunionnaises venues consulter pour des opérations bénignes. Trente d’entre elles portent plainte et témoignent contre leurs oppresseurs.

L’île est à l’époque marquée par un climat antinataliste, perceptible dans les campagnes de prévention et de favorisation de l’avortement. Les médecins de la clinique de Saint-Benoît, responsables de ces avortements, l’invoquent pour justifier leurs interventions et obtenir des remboursements de l’Assistance médicale gratuite, allant parfois jusqu’à majorer le coût des opérations déclarées. Les accusés n’auraient fait qu’obéir aux ordres de la clinique, au motif que la natalité augmentait la pauvreté.

L’affaire est médiatisée mais tombe rapidement dans l’oubli. Au même moment, en métropole, l’avortement et la contraception sont prohibés. Le ventre des femmes est alors racialisé, c’est-à-dire qu’il fait l’objet d’un traitement différencié selon la couleur de peau de la personne et la « race » qui y serait associée. Comment expliquer ce double standard et cette violence à l\’encontre des femmes de La Réunion dans une République qui se veut « une et indivisible » ? Pourquoi les luttes des femmes réunionnaises ne sont-elles pas incluses dans les revendications du Mouvement de libération des femmes (MLF) ? Retour sur un épisode oublié de l’histoire de France à travers l’analyse féministe et historique de Françoise Vergès.

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