Outre ce monde, deux autres mondes sont possibles...

samedi 2 août 2008
par  Amitié entre les peuples
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Initialement sur rennes-info sous le titre :

« D’autres mondes sont possibles »...Sur les trois, un seul radicalement autre est nécessaire !

Christian Delarue

« Outre ce monde, deux ’autres mondes sont possibles »... un seul radicalement autre est nécessaire !

version modifiée le 2 aout 2008 pour amitie entre les peuples.org

Il arrive de voir la formule au pluriel . Ce qui étonne parfois . Comme si il n’y avait que le monde que nous voulons qui était possible !

1. - Le mouvement altermondialiste se prononce « pour un autre monde possible ».

C’est là la fameuse formule de Porto Alègre.

On sait que ce mouvement est tout à la fois antimondialiste (contre le néolibéralisme) et altermondialiste (il tend vers « autre chose ») . Les références à des textes divers ne manquent pas sur cette nécessaire résistance à l’ordre du monde et sur la dynamique qu’elle porte. Dans la lutte contre le capitalisme mondialisé c’est bien en creux la perspective d’un monde radicalement différent de celui-ci qui est ressenti comme non seulement désirable mais nécessaire.

S’organiser simplement « pour une économie plus équitable » ne suffit manifestement pas à définir le mouvement altermondialiste sauf à vouloir le maintenir intégré au capitalisme et à à faire de lui un mouvement bridé et limité à l’accompagnement social du libéralisme à l’instar de ce que veut la CFDT et la CES et certaines formations politiques s’inscrivant dans la « fin de l’histoire » (cf. Fukuyama) et le socialibéralisme.

Ainsi nous avons affirmer clairement ailleurs (site Bellaciao) d’une part que l’altermondialisme n’était pas soluble dans le néosolidarisme et d’autre part qu’une critique amicale et compréhensive de l’économie sociale et solidaire (ESS) était nécessaire pour poser la perspective d’une sortie du capitalisme. Le solidarisme du début du XX ème siècle fondé par Léon BOURGEOIS et Célestin BOUGLE voulait surtout s’opposer à la montée des idées socialistes et communistes. Le néosolidarisme contemporain qui appuit l’ESS en critiquant le socialisme stalinien ayant existé n’a lui aussi d’autre but que d’empêcher la prise de conscience d’un autre monde, écosocialiste.

Le capitalisme contemporain que nous nommons néolibéral fonctionne pour une très petite minorité de grands et riches possédants sur la planète (que l’on peut nommer bourgeoisie ou oligarchie suivant les aspects que l’on critique), planète qu’il entreprend aussi de détruire. Il importe donc de le remettre en cause et toutes les contributions pour ce faire sont bienvenues . Il convient ensuite de proposer une stratégie de transformation sociale claire qui articule les objectifs et les mesures transitoires, une stratégie qui ne peut donc s’accommoder du quasi maintien de l’existant avec un peu plus de service public, un peu plus d’économie sociale et solidaire (ESS), un peu plus de commerce équitable au marge du capitalisme dominant. Ces micro-mondes solidaires autour d’un gros noyau dur capitaliste demeurant inchangé, à tendance expansive et que rien n’arrête, dominé par les rapports sociaux de production qui lui sont inhérents, n’ont pas vocation à réduire sa logique et surtout le clivage capital-travail qui traverse quasiment toutes les sociétés civiles de la planète .

Certes aujourd’hui il n’est pas simple de préciser ce que nous entendons par appropriation sociale mais quelques auteurs ont clarifié les questions et les perpectives (lire Yves SALESSE sur cette question). Sortir de la « fin de l’histoire » suppose le dépassement du socialibéralisme . La récente campagne pour le NON suivie du succès du 29 mai 2005 puis le combat mené contre le CPE début 2006 ont montré que les peuples n’étaient pas dupes, qu’ils ne voulaient plus des politiques libérales de droite ou de « gauche ».

2. - Il arrive de lire que « ’autres mondes sont possibles » Que penser de cette étonnante formule au pluriel ?

« D’autres mondes sont possibles » signifie que trois grands mondes semblent concevables :

a) celui-ci, le présent monde connu, celui qui asseoit la domination capitaliste et impérialiste sur la planète tant au Nord qu’au Sud mais préserve encore difficilement certains droits et libertés . Dans quelques endroits de la planète, au Nord essentiellement, l’Etat de droit conjugué avec Etat social a formé dans la conscience populaire une forme d’Etat et une régulation sociale ou les contradictions systèmiques étaient amorties . Nous vivons depuis plus de vingt ans la fin de cette parenthèse.

b) et d’autres (au pluriel) : deux autres. Ce pluriel signifie en effet que peut survenir d’une part après rupture franche un très net progrés social et environnemental mais aussi d’autre part et par simple laissez-faire, sans rupture sociale forte, la régression, la peste brune :

* l’autre monde possible, souhaitable et même nécessaire :

- Nous voulons un autre monde réellement solidaire et démocratique, autrement dit postcapitaliste, un monde qui nous sorte de la logique dominante du profit, de la financiarisation, de la marchandisation du monde et de son appropriation privèe ; celui d’un nouveau socialisme du XXI siècle égal et solidaire, approfondissant et généralisant la démocratie et l’appropriation publique et sociale .

- Cet autre monde serait à dominante écosocialiste à la fois socialiste et respectueux de la nature. On mesure mal encore les effots à accomplir en ce domaine .Il va falloir décroitre dans certains domaines et accroitre la production dans d’autres, l’offre de services notamment. L’altercroissance et l’alterdéveloppement sont à l’ordre du jour.

- Cet autre monde accepte bien évidemment la pluralité des cultures : il est composé de sous-mondes ou les différences se vivent dans la laïcité, la liberté et l’égalité.

* mais aussi un monde mortifère, un monde « de monstres », un monde pire encore que celui que nous connaissons actuellement . Oui c’est possible ! Un monde ressemblant à celui du fascisme, du nazisme, et des dictatures diverses militaires, bonapartiste, religieuses, de notables à fondement ethnique ou bureaucratique. Le MRAP et d’autres associations militent pour empêcher le retour des monstres... Un monde fondé sur l’épuisement du supplément d’âme social du capitalisme (cf Etat providence) dans certains pays conquis par le mouvement ouvrier à l’issue de la seconde guerre mondiale.

Christian DELARUE

Membre du CA d’ATTAC France

Délégue du MRAP au titre de membre fondateur d’ATTAC.


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