Le Dieu nature : une croyance sur un espace résiduel.

dimanche 1er septembre 2019
par  Amitié entre les peuples
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Le Dieu nature : une croyance sur un espace résiduel.

Suite à discussion autour de Darwin, l’évolution et « Deus sive Natura ».

Avec la montée en force de la science et de l’évolution la place laissée à Dieu se réduit et vient prendre chez certains ou certaines la place conjointe de l’ignorance et de l’émerveillement.

Il est une façon de croire après les connaissances scientifiques acquises au fil du temps. C’est une croyance modeste, résiduelle.

I - Dieu, ce qu’il n’est PAS

Ce qu’il n’est plus par rapport à certaines croyances théistes.

- D’une part, ce dieu cosmos perd plusieurs attributs - 6 - attachés au dieu des chrétiens :

1 - Il n’est pas véritablement transcendant. Il est l’ englobant donc dans la nature et le cosmos comme nous, comme tous les animaux, humains et non humains. Il est plus que nous car il nous englobe mais pas au-dessus de nous.

2 - Il n’est pas créateur du monde : « La terre est une créature (un être vivant) plutôt qu’une création (un objet) ».

3 - Il n’est pas une personne : refus d’un anthropomorphisme et d’un dieu incarné. Il est dépersonnalisé.

4 - Il ne sauve personne, ni les croyants, ni les non croyants. Il n’y a pas de rachat de l’humanité perdue. C’est aux humains de se sauver en développant les « instincts sociaux » qui vont à contre-courant de la sélection naturelle (cf Patrick TORT ).

5 - Ce dieu nature n’est pas objet d’une vérité révélée

6 - Ce dieu nature n’est pas non plus objet de religion constituée avec sa dimension collective, ses écrits, ses dogmes, ses rites, ses transmissions générationnelles obligées. Sauf exception dans d’autres cultures, plus mystiques. Ce qu’un Pierre Teilhard de Chardin a tenté de faire dans le cadre de l’Eglise catholique.

- D’autre part ce dieu prenant la place de l’ignorance résiduelle n’est pas un alibi à l’admission de divers préjugés idéologiques. Il n’est pas acceptation de l’obscurantisme. Il ne porte pas plus de dogmes ou de mythes. Bien que chaque humain en « embarque » avec lui fatalement au cours de sa vie. C’est que nous vivons tous avec des idéologies, y compris d’ailleurs les scientifiques (certains plus que d’autres) ! Mais en l’espèce, il y a refus des théorisations issues du mal nommé « darwinisme social » avec culte des forts et des puissants et abandon des faibles façon Spencer .

II - Dieu, ce qu’il EST. (pour certains scientifiques)

Il est difficile de dire ce qu’il est car avec les rejets ci-dessus il ne reste plus guère de place. Mais tout espace laissé vacant par l’incertitude résiduelle laisse place soit à l’agnosticisme soit à une croyance théiste particulière.

On pourrait évoquer une certaine « disposition d’ouverture » sous deux aspects possibles.

- Ce dieu est la place laissée à l’émerveillement quand la nature est belle et les humains avec elle (puisqu’ils en sont membres). Mais tout n’est pas beau ! L’amour c’est beau et bon pour l’humanité tout comme le respect et la bienveillance. Dieu est alors ce principe de sagesse possible, le respect et de bienveillance (RB) étant une perspective pas un état gagné ou un statut conquis . Ce principe RB peut nous animer tous et toutes au nom des « instincts sociaux » (cf P Tort). Pas de contradiction ici avec la théorie scientifique de l’évolution admettant l’effet reversif !
Mais il y a aussi la haine. On peut admirer , honorer, mais aussi dégrader, blasphémer car l’humain est fondamentalement contradictoire (Eric Fromm) mais il faut distinguer la tendance principale qui élève et émancipe de la secondaire qui est régressive.

- Il est aussi ce qui reste de mystérieux lorsqu’on a tout cherché, scientifiquement, collectivement, historiquement, pour découvrir le monde. Et nous devons continuer de chercher, de mettre de la lumière là ou il y a de l’ombre... Pas d’acception béate de notre ignorance ! La culture de la raison a sa place dans ce dieu mais il ne s’agit pas uniquement d’une raison instrumentale. Il importe de défendre la science mais pas sans conscience.

Christian DELARUE
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