La religiophobie contre toutes les religions, pas contre les croyant(e)s. C Delarue

lundi 30 décembre 2013
par  Amitié entre les peuples
popularité : 14%

La religiophobie contre toutes les religions, pas contre les croyant(e)s.

26 Décembre 2013 | Christian DELARUE

Contrairement à ce que disent certain(e)s, qui peuvent d’ailleurs être athées, la religiophobie n’est pas en principe assimilable à une forme de racisme. Alors que la judéophobie ou l’antisémitisme, l’islamophobie (entendue comme musulmanophobie pas comme critique de l’islam) et, beaucoup plus difficilement que je sache, la christianophobie sont elles des formes de racisme, qui sont pénalement réprimées. En France en tout cas.

Cette différence de statut n’empêche pas que le rejet des religions tournent parfois à une forme de racisme mais ce n’est pas systèmatique. On ne saurait généraliser. On peut encore dans les pays non totalitaires critiquer l’emprise des religions, leur dogmatisme, leur façon, insidieuses ou franches, de procéder pour assujettir les jeunes consciences, etc sans pour autant céder au racisme. C’est heureux.

La religiophobie critique toutes les religions, pas une seule. C’est un point que je cherche à savoir lorsque j’entends une critique sévère d’une religion. Libre critique à défendre n’en déplaise à Mona Chollet. Précisément parceque le racisme est de moins en moins considéré comme une opinion, mais comme un délit. Il y a là une raison nette pour éviter une extension pour éviter l’interdiction de la critique lorsqu’il s’agit de s’en prendre à la religion. On sait que les religieux entendent interdire cette critique à ce motif au plan international et ce, bien souvent, pour couvrir les méfaits des radicaux de leur religion. Je pense ici au sexoséparatisme autoritaire de certains musulmans et de certains juifs mais pas qu’à cela.

La religiophobie comme critique de toutes les religions et non d’une seule n’est pas le seul argument pour soutenir la libre critique.

La religion a la particularité de fournir une très forte justification collective à des pratiques parfois contestables comme par exemple le sexoséparatisme ou l’interdiction de l’IVG ou comme l’imposition autoritaire de dogmes ; pratiques qui sans cette justification (c’est écrit ou Dieu l’a dit) seraient le plus souvent euphémisée, cachée et quasiment sans justification idéologique d’appui. On aurait alors tort de généraliser abusivement lorsque manifestement ce sont bien les ou une religion(s) qui sont à l’origine d’un comportement oppressif ou contestable. Et cela n’oblige nullement à viser au passage tous les croyant(e)s de la dite religion. On insiste.

En principe la critique de la religion, de son corpus doctrinal ou de ses symboles, sous la forme désacralisante du blasphème (la « diffamation » de la religion disent-ils) ou sous la forme de la critique de ses contenus réactionnaires ou obscurantistes, patriarcal ou antiscientifique, n’est pas prétexte à une attaque raciste des croyant(e)s eux-mêmes. Distinction d’importance. Tout comme la critique du marxisme n’est pas nécessairement insulte des marxistes eux-mêmes. Elle n’est pas non plus montrée comme une « diffamation » à la doctrine . Un certain « marxisme » (guillemets obligés) s’est figé en dogmatisme lourd et mortifère et s’est éloigné durablement de sa matrice matérialiste foncièrement critique et dialectique. Cela a été prétexte à n’importe quelle critique mais c’est la loi du genre. Rien de diffamatoire sur ce point ! On ne va pas autoriser que les critiques des élites dument estempillées « science politique » !

Cependant, on sait que certain(e)s se sont adonnés à la critique de l’Islam d’une façon si globale et si radicale que pour, in fine, s’en prendre à tous les musulmans sans exception. Le but de la critique n’était alors pas l’Islam ou les Islams mais bien les musulmans, tous montrés comme d’affreux islamistes. Comme si le « monde musulman » n’était pas hétérogène, tout comme les chrétiens ou les juifs. Comme si on y trouvait pas des progressistes et des réactionnaires, des tolérants et des intégristes. Chez les juifs aussi. Pour moi, ils sont comme les autres. On trouve de tout entre les extrêmes.

Christian DELARUE

CDH-ONU : DES RELIGIONS AUX CROYANTS : SITUER LE MEPRIS POUR PROTEGER

http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article287

Suite sur : EMPRISE : Contre l’oppression multiforme des religions. (II)


Brèves

8 janvier 2017 - Ni kippa, ni voile, ni autre signe religieux ostensible à l’Assemblée Nationale

Ni kippa, ni voile, ni autre signe religieux ostensible à l’Assemblée Nationale