La gauche dite « décoloniale » continue d’influencer et de diviser en refusant le combat contre tous les racismes - Bernard TEPER

samedi 9 mars 2019
par  Amitié entre les peuples
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La gauche dite « décoloniale » continue d’influencer et de diviser en refusant le combat contre tous les racismes

ReSPUBLICA rappelle souvent que toutes les formes de racisme exigent la même condamnation et que le racisme anti-juifs (terme que nous préférons à antisémitisme) en fait partie. Nos lecteurs savent aussi que nous critiquons les Indigènes de la République sur les distinguos qu’ils opèrent en la matière (voir en particulier ces textes de 2015 et de 2016 sur le PIR).

Lors de la période récente où la montée des actes anti-juifs a été démontrée en France, la gauche dite « décoloniale » a décidé de ne pas rassembler place de la République mais à Ménilmontant. Sur la base d’un texte tourné quasi uniquement sur l’instrumentalisation gouvernementale du rassemblement place de la République et en minimisant de façon éhontée la montée du racisme anti-juif dans notre pays. Ce rassemblement a vu une bonne partie de la mouvance communautariste « décoloniale » autour des Indigènes de la République : l’UJPF, la direction d’Attac et du NPA (même si une fronde a eu lieu au sein du conseil scientifique d’Attac contre la décision de la direction).

Un article de la revue Vacarme (« le non sujet de l’antisémitisme à gauche ») cite Albert Herszkowicz, fondateur de Mémorial 98 selon lequel déjà en 2009 « l’UJPF, la LCR, le Mrap, avaient refusé de manifester pour protester contre l’assassinat d’Ilan Halimi sous prétexte… que la police n’aurait pas établi le caractère antisémite du meurtre ».

Le 6 mars 2015 à Saint-Denis se réunissaient des organisations comme l’UOIF ou les Indigènes de la République, connues pour leurs dérives communautaristes, voire pour leur complaisance vis-à-vis des folies ethnicistes, c’est assez logique. Plus étonnant est de constater que s’associaient à cette initiative des associations comme Attac, des syndicats et des partis ou des mouvements tels que EELV – qui s’est finalement retiré -, le PCF, Ensemble (FDG), le NPA, comme s’ils pouvaient cautionner des amalgames qui font le jeu des apprentis sorciers.

Par la suite le MRAP a refusé le slogan « Non au philosémitisme d’État » des Indigènes de la République : « Ce slogan désigne les Juifs comme les privilégiés de la République. Il alimente la thèse antisémite d’une mainmise de leur part sur l’appareil d’État et s’inscrit dans les fantasmes complotistes de Dieudonné, entre autres. » (Non au philosémitisme d’État : un slogan indigne ! Déclaration du Bureau exécutif du MRAP, 7 avril 2015).

La mouvance dite « décoloniale » mélange dans un « antisionisme » déclaré aussi bien une juste critique de la politique coloniale du gouvernement israélien qu’un abject combat pour la destruction de l’Etat israélien. Elle mélange aussi une juste critique de l’instrumentalisation de l’antisémitisme par le Crif avec une abjecte position sur le soi-disant « philosémitisme d’Etat ».

S’allier aux Indigènes de la République, c’est soutenir les thèses antisémites, racistes, racialistes, anti-féministes, homophobes de Houria Bouteldja, porte-parole du PIR dans son dernier livre dont rien que le titre devrait faire sursauter « Les blancs, les Juifs et nous ».1

Nous disons clairement au sujet de la dernière agression contre Alain Finkielkraut que, même si nous critiquons les idées de ce philosophe, nous nous devons de combattre avec la plus grande véhémence l’acte antisémite qu’il a subi. Pour n’importe quel racisme, notre première réaction doit être de nous y opposer, avant de parler de leur instrumentalisation par d’aucuns.
Il est de plus abject de rendre les juifs collectivement responsables d’une politique gouvernementale israélienne. Notre position sur le conflit du Proche-Orient reste marquée par le projet de « deux peuples, deux Etats » que ce soit dans la variante Beilin-Rabbo ou dans celle de Nusseibeh-Ayalon. Comme ce n’est pas possible avec un gouvernement israélien d’extrême droite au pouvoir, nous devons donc chaque fois que faire se peut, critiquer la politique du gouvernement Netanyahu comme obstacle à la paix au Proche-Orient.

La suite sur :

http://www.gaucherepublicaine.org/combattre-le-racisme/la-gauche-dite-decoloniale-continue-dinfluencer-et-de-diviser-en-refusant-le-combat-contre-tous-les-racismes/7403145