Du « despotisme d’usine » à la disciplinarisation du monde. Christian Delarue

lundi 21 septembre 2020
par  Amitié entre les peuples
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Du « despotisme d’usine » à la disciplinarisation du monde.

Les tendances contradictoires du moment sont à débattre.

La disciplinarisation - puisque nous allons l’évoquer - peut venir d’un côté d’un lourd « surmoi » politico-religieux intégriste, lourd d’interdits voulant établir un hyperpatriarcat contre les femmes trop libres, les homosexuels, les athées et de l’autre côté d’un « çà » pulsionnel prédateur, libre de tout souci d’autrui et favorisé par un capitalo-patriarcat porteur de prostitution.

De ces « deux impasses », pour le dire comme Sophie Bessis, celle du capitalisme nous semble être néanmoins surdéterminante, du moins dans nos contrées. On peut s’inquiéter certes des pratiques d’un islam radical ici ou là mais ce n’est pas le souci quotidien de tous et toutes en France. D’autant que dans ce cas il convient de combattre à l’identique un racisme qui perdure. On va vouloir combattre l’islamisme (1) « séparatiste » mais ce sont des musulmans sans problème qui risquent d’en faire les frais (cf lettre ouverte des co-présidents du MRAP publiée cette mi-septembre 2020)

I - Les forces oppressives et destructrices du capitalisme

Du côté des dominants au sommet des sociétés capitalistes, le « despotisme d’usine » (Karl Marx) se mue, avec la « thatchérisation du monde » (2) en disciplinarisation globale de la société dans et hors le travail salarié généralisé. La crise sanitaire favorise cette disciplinarisation et la droitisation des politiques économiques et sociales du gouvernement aussi . On a pu évoquer la construction d’un turbo-capitalisme post-confinement (3). Le droit est alors instrumentalisé comme outil de police du peuple-classe au profit du 1%, au lieu d’être un outil de disciplinarisation du capital et de la lourde tendance prédatrice des entrepreneurs capitalistes !

Formulons une hypothèse : Un Etat de droit écosocialiste se doit de border juridiquement et même constitutionnellement les entrepreneurs capitalistes au plan économique social et environnemental. Les services publics et la sécurité sociale doivent devenir « la chose » du peuple-classe et de ses différentes composantes et non plus celle du 1%.

Le capitalisme tend à recouvrir la société de son implacable logique (privatisation-production-accumulation marchande et profit) et tend à mettre sous sa tutelle l’ensemble du social (abandon du droit et des règles protectrices des classes subordonnées) et de l’environnemental (nature soumise à lui).

Mais le capitalisme comme « machine à réification » (M Lowy) n’est pas sans pervertir la démocratie dite représentative, elle aussi mise sous tutelle. Cette crise de la démocratie, réduite à son rituel électoral, débouche, ce faisant, sur des résistances multiformes qui tendent à se généraliser, à partir de secteurs différents.

II - Les trois secteurs de résistance du peuple-classe

Reprise (post fcbk)

Au sein du peuple-classe, la période actuelle de post-confinement (l’après mai 2020) montre trois secteurs en lutte pour une forme d’émancipation plus ou moins construite :

1 - Les syndicats de travailleurs et travailleuses en lutte pour l’emploi, les salaires, la retraite par répartition, une nouvelle réduction du temps de travail mais aussi pour la défense et promotion des services publics et de la sécurité sociale.

2 - Les Gilets jaunes qui forment encore et toujours un secteur de luttes sociales pour la justice sociale, fiscale et territoriale avec une dimension démocratique - le RIC - et politique : chasser Macron du temple !

3 - Les écologistes en mouvement pour un réel changement qui ne s’accommodent pas d’un « capitalisme vert » productiviste comme les écologistes mainstream ou de gouvernement.

Ces trois grands secteurs ont régulièrement des contacts mais restent encore relativement séparés. Pas toujours (cf débat entre représentants de chaque force et appels subséquents) et c’est encourageant !

On trouve encore des secteurs de luttes plus circonscrits et qui ont plus ou moins d’audience selon le moment : luttes antiracistes contre les discriminations contre les politiques xénophobes et anti-migration source de barbarie, luttes féministes diverses, luttes pour la paix, luttes pour la laïcité, luttes contre l’homophobie, contre les intégrismes religieux, etc

çà bouge et çà résiste collectivement mais pas ensemble !

III - Quid des perspectives politiques.

Les perspectives politiques pour une ou des alternatives existent mais les forces politiques de gauche qui les portent sont divisées.

La droite est elle classiquement du côté des grands possédants, des entrepreneurs, de la finance, du fric et du libéralisme économique en ce sens, soit une sorte d’extrême-droite économique calée sur la satisfaction des besoins du 1% et des patrons. S’y ajoutent, selon les courants, du racisme, du mépris pour les fonctionnaires, pour les chômeurs, etc dans une ligne très darwinisme social façon Spencer.

Christian Delarue

1) L’islamisme comme colonialisme intérieur dans le contexte de la « double impasse » - Christian Delarue - Amitié entre les peuples
http://amitie-entre-les-peuples.org/L-islamisme-comme-colonialisme-interieur-Christian-Delarue

2) La thatchérisation du monde et l’extrême-droite économique : un trajet vers la ploutocratisation du monde. Christian DELARUE - Amitié entre les peuples
http://amitie-entre-les-peuples.org/La-thatcherisation-du-monde-et-l-extreme-droite-economique

3) Turbo-capitalisme post-confinement - Christian DELARUE - Amitié entre les peuples
http://amitie-entre-les-peuples.org/Turbo-capitalisme-post-confinement-Christian-DELARUE


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