Antiracisme sans hiérarchie difficile. Christian DELARUE

dimanche 12 mai 2019
par  Amitié entre les peuples
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Antiracisme sans hiérarchisation : difficile ?

A la veille de l’initiative des 70 ans du MRAP le 11 mai à Paris 11 en salle Olympe de Gouge on peut constater qu’il y a matière à débat sur l’antiracisme.

1- Antiracisme néo-campiste, antiracisme non campiste

A) Anti-racisme campiste :

Un antiracisme « à préférence » s’affiche :

- soit contre tous les racismes et en particulier et surtout l’antisémitisme (antiracisme de la LICRA et de l’ancien DILCRAH : Monsieur Clavreul)

- soit contre tous les racismes et en particulier l’islamophobie (antiracisme politique du camp des non-blancs)

B) Antiracisme universaliste et non campiste du MRAP

Combat contre tous les formes de racisme sans hiérachisation
Les « racisés » (terme passible de critiques) peuvent être racistes (et d’autres dominations en outre)

Des dominés dans un champ (soumis au « classisme » économico-social) peuvent être dominants dans un autre (sexisme, homophobie, athéophobie, phobie de l’hypotextile chez les intégristes).

2 - Racisme islamophobique ou racisme anti-musulman

Que l’on refuse encore la notion d’islamophobie (pour défendre le droit au blasphème et le droit de critique de la religion ) si l’on use de l’expression racisme anti-musulman au lieu et place ne pose guère problème. Le problème vient quand il n’y a ni l’un ni l’autre. Qui a remarqué cela à propos de Christchurch ? Grand silence à droite, sauf exception, sur le racisme anti-musulman.

3 - Le problème des intégristes religieux

Il ne s’agit pas des terroristes, djihadistes ou supématistes blancs adeptes du Grand remplacement comme à Christchurch. Les intégristes religieux pratiquent les petites violences répétées et les insultes.

Les juifs haredim sont aussi réactionnaires que les intégristes religieux musulmans. Ils sont les uns et les autres en harcèlement des femmes pour leur imposer l’hypertextile (non seulement cacher les cheveux mais aussi les jambes, les formes). Il convient de s’y opposer.

Ils sont aussi , comme d’autres (ce sexoséparatisme conservateur n’est pas que le leur - cf Orban comme Erdogan), pour cantonner les femmes au foyer autour de l’éducation des enfants.

D’autres formes d’intégrisme religieux sont à observer au sein du protestantisme.

Nous avons là des contre-mouvements profondément réactionnaires qui s’opposent aux conquêtes des femmes comme à une certaine laïcisation des sociétés. Ils veulent un hyper-patriarcat.

4 - Antisémite / antisionisme :

Le MRAP en tant que tel n’use pas de l’expression anti-sionisme mais certains de ses militants ou pu et peuvent le faire parfois, en quelques occasions.
Ce fut le cas jadis de Pierre STAMBUL qui nous a appris beaucoup sur le néo-sionisme de conquête post 1948
L’antisionisme n’est pas dans sa critique de la politique israélienne une manifestation d’antisémitisme.
Le fait qu’il existe des « sionistes de gauche » ne constitue visiblement pas un obstacle à son emploi.
On ne saurait ignorer cependant que des anti-sionistes sont surtout antisémites. Mais vouloir interdire l’expression anti-sioniste est néfaste.

5 - Racisés racistes

Une critique du terme « racisé » - non employé par le MRAP - porte sur le fait qu’elle englobe et « racise » des personnes qui n’y tiennent pas, qui refusent de façon virulente.

Par ailleurs les racisés peuvent être racistes et pratiquer d’autres discriminations ou violences : athéophobie, haine de l’hypotextile féminin, antisémitisme, homophobie, etc.

Lire sur ce site ma critique plus complète ;

Christian Delarue

Membre du CN du MRAP et altermondialiste